Que signifie être à haut potentiel intellectuel?

Les enfants, adolescents ou adultes intellectuellement précoces ont en commun une hyperactivité cérébrale, une fluctuation intense des états émotionnels et une hypersensibilité. Au-delà de capacités et d’une curiosité « hors-normes » et d’un QI élevé (>130) caractéristique des personnes à haut potentiel, il y a le « revers de la médaille ». Leur singularité est aussi source d’angoisse et de vulnérabilité. Les HPI (haut potentiel intellectuel), diagnostiqués comme tels se sentent « à part », « différents » et ce depuis le plus jeune âge.

Quelles sont leurs caractéristiques?

  • une hyperactivité mentale : le HP se questionne, s’interroge, analyse beaucoup, cherche à donner du sens, à comprendre, à trouver de la cohérence… au risque se laisser submerger par son « moulin mental », les cogitations, les ruminations, épuisé par un cerveau en surchauffe, anxieux, insomniaque… et de passer pour le relou de service (« tu te poses trop de questions ! ») donc de s’isoler ou d’être isolé·e.
  • un possible oubli du corps au profit du mental omniprésent… au risque de somatiser (migraines, problèmes de peau, asthme, syndrome du colon irritable…) ou de limiter ses sensations pour revenir à un niveau « normal », « acceptable », en se coupant de soi, de ses sensations, en luttant contre soi (ce qui est épuisant). Donc de ne plus sentir son corps : ni ses sensations agréables, ni ses tensions, (au risque de souffrir de maux réguliers, maux de dos, torticolis…).
  • un sentiment de décalage par rapport aux autres ressenti depuis l’enfance… au risque de chercher à s’adapter sans cesse au récit collectif et aux autres (dans le cercle familial, le milieu scolaire, professionnel), jusqu’à se dévaloriser, « nier » qui on est, vivre de manière inauthentique… et risquer craquage, dépression, crise existentielle.
  • une hypersensibilité due à une forte réactivité aux stimulations, au risque d’une sensibilité accrue à la peur, donc de tendances phobiques et d’isolement.
  • une hypersensorialité, soit l’exacerbation d’un ou plusieurs sens (ou hyperesthésie)… au risque de l’épuisement, et de s’isoler pour ne plus se sentir agressé·e par les sons, les odeurs… et souffrir d’une vie sociale limitée.
  • une forte émotivité : le HP passe du rire aux larmes devant l’incompréhension des autres… au risque de cacher ses émotions, de les étouffer pour finir par exploser (de colère, de tristesse), et de somatiser !
  • une incompréhension notable face à l’injustice, au mensonge, à l’hypocrisie… au risque de passer pour un gentil naïf donc taire, encore, sa véritable personnalité… ou de piquer des colères inexpliquées qui l’éloignent des autres… ou de rendre le ou la HP malheureux·se avec un sentiment de solitude.
  • un perfectionnisme envahissant… au risque de demeurer dans un hyper-contrôle, de ne plus lâcher prise, et d’être stressé·e en permanence.

La sophrologie, une méthode qui aide les HPI à mieux se connaitre et vivre mieux leurs différences:

La Sophrologie par son approche psychocorporelle fonctionne très bien avec les sujets précoces parce qu’un esprit en ébullition, c’est bien, mais se reconnecter avec le corps c’est fondamental.

HPI, surdoués, hypersensibles, enfants précoces, « zèbres », autant de termes pour nommer des personnes au profil décalé, à l’intelligence singulière présentant des caractéristiques neurologiques, cognitives et émotionnelles. Certains sont très épanouis dans leur vie scolaire ou professionnelle et leur univers familial. D’autres sont en souffrance depuis l’enfance. Se sentant très éloignées des autres,  animés par des pôles d’intérêts différents, une hypersensibilité source d’anxiété, une hyperactivité mentale, un sommeil quelque fois perturbé et des répercussions somatiques.

Bien au-delà du chiffre repère de 130 de quotient intellectuel de la psychométrie internationale de l’échelle de Wechsler permettant de cibler 2,2 % de la population, il s’agit d’une façon particulière d’être au monde.

La terminologie française oriente l’idée du haut potentiel vers une supériorité alors qu’il s’agit bien d’une façon différente de penser, de sentir, d’agir et de vivre le quotidien. Lorsque le surdouement est évoqué, il induit la notion d’intelligence. Nous savons aujourd’hui que l’intelligence est multiple, et non seulement liée aux facultés intellectuelles. Ce qui élargit à de nombreux domaines la compréhension de ce qu’est une personne à haut potentiel.

Pour être maman d’un adolescent HPI et les rencontrer dans ma pratique professionnelle, de 7 à 77 ans, je recueille leur parcours afin de mieux les comprendre et les accompagner vers une meilleure connaissance de soi, et parfois même dans la découverte de ce qu’est le HPI alors qu’ils ne se sentent pas concernés.  En collaboration avec des psychologues ou psychiatres sensibilisés à la douance, ce nouveau regard sur eux- mêmes offre une grille de lecture différente de leurs choix de vie, voire un autre positionnement dans la famille et avec leurs amis.

Quels sont les apports et les bénéfices de la sophrologie pour une personne HPI ?

Pratiquer la sophrologie avec un professionnel connaissant les profils en arborescence, c’est la possibilité d’être entendu et reconnu dans sa différence. Car il est nécessaire, comme dans chaque spécialité, d’être formé aux caractéristiques comportementales et cognitives afin de comprendre la demande de la personne HPI en souffrance. La prise de conscience de ce potentiel avec ses points forts et les difficultés relationnelles qu’il engendre va permettre de « dépathologiser » le sujet. Pour ces personnes un peu « décalées », il est important d’avoir un lieu et un espace mental où le non-jugement est de mise.

Afin de calmer les cogitations incessantes ou les ruminations, l’entraînement régulier des exercices permet de renforcer la présence au corps et de calmer l’agitation mentale. La prise de conscience du schéma corporel est une découverte pour nombre d’entre eux. En privilégiant le mental, le corps n’est plus qu’accessoire et les déséquilibres fréquents (troubles du sommeil, maux de ventre, migraines, tensions musculaires, anxiété…). Et surtout développer une meilleur connaissance de soi, une confiance et une estime de soi. 

S’autoriser à glisser quelques « instants sophro » dans le tumulte des pensées, c’est prendre soin de soi, de son écologie intérieure corps – esprit – émotions. Grâce à l’ancrage, la respiration abdominale, l’écoute de sensations corporelles et les images mentales positives, l’enfant, l’ado ou l’adulte HPI cultive des repères physiques et mentaux sur lesquels s’appuyer afin de garder le cap en situation déstabilisante et renforcer ainsi ses capacités de régulation des effets négatifs du stress et de l’ascenseur émotionnel.

En favorisant l’acuité sensorielle et l’intelligence émotionnelle, la Sophrologie utilise deux vecteurs particulièrement développés chez les HPI. Rapidement, ils le sentent et s’en emparent avec aisance. L’intelligence intuitive prendra le relais entre les séances de sophrologie.

Résolument positive, la sophrologie renforce la confiance en soi par l’expérience vécue. La pratiquer c’est l’intégrer progressivement en réflexes quotidiens et concrétiser l’idée que le mieux-être est possible.

 

Prenez rendez-vous pour une première consultation, pour vous ou votre enfant, si vous ressentez des difficultés ou souhaitez développer une meilleure connaissance de soi.